Romance : lecture réservée aux ménagères ?

« Phénomène de mode – lecture de midinettes – roman pour ménagères – histoire d’amour pour frustrées » ou encore « livre érotique pour nymphomanes » ; la romance a le dos large ! Mais en tout cas elle fait parler d’elle, et j’en suis fort aise.

 

« Pourquoi ? » me demanderez-vous. Tout simplement, parce qu’il s’agit là de l’opportunité de faire plus ample connaissance. Oh non ! Je vous arrête tout de suite, je ne vais pas faire étalage de ma vie privée, mais bien vous parler de ce genre littéraire qui occupe ma bibliothèque.

Depuis quelques années, la romance et ses sous-genres en prennent pour leur grade malgré une constante hausse de popularité. Ce qui, finalement, semble contradictoire et peut laisser penser que la littérature sentimentale fait peur à ses détracteurs ou bien qu’ils ne la voient pas digne d’une librairie. Mais pour quelles raisons fustiger ces auteurs, leurs écrits et, par la même occasion, leur lectorat ? D’autant que soyons honnêtes, ces juges d’un jour n’ont probablement jamais ouvert un roman de ce type avant d’en déprécier le contenu.

Faut-il rappeler qu’il est bien loin le temps où la romance se résumait aux romans-photos de Femme Actuelle, ou au tout premier Harlequin ? Et quand bien même, l’important n’est-il pas de satisfaire les adeptes du genre ? 

Je ne pense pas me tromper en affirmant qu’il est devenu – avec le temps – un des rares à proposer un tel panel d’univers et d’intrigues. Il y en a pour tous les goûts. Romance contemporaine, dark-romance, new-romance, romance historique, romance érotique, fantasy, romance policière, romance homosexuelle… et j’en passe. Autant de traitements littéraires que de façons de vivre la romance et de s’en émouvoir.

Alors, non, je ne cherche pas à faire changer l’opinion, je n’en ai pas la prétention. Mais je ne me plierai pas non plus aux critiques non constructives qui visent à rabaisser un genre plutôt qu’un autre. La romance implique autant de travail, de recherches, de créativité que n’importe quelle forme de littérature, et mérite, à ce titre, la même considération que les autres. Savez-vous qu’aujourd’hui, en bibliothèque, les romances actuelles restent quasiment introuvables ? Une sorte de discrimination qui fait bondir lecteurs comme écrivains, ce qui semble bien légitime.

L’amour et la sexualité font partie de nos vies depuis la nuit des temps, mais semblent, en ce siècle avancé, devenus tabous. Il faut reconnaître que la romance est majoritairement lue et rédigée par la gent féminine, et finalement n’est-ce pas cela qui « dérange » ? Que la femme, déjà émancipée sur de nombreux points, soit, EN PLUS, libre de parler d’amour et de sexe ? Oh, je sens que j’ai touché un point sensible, non ?

Je vais vous confier un truc qui risque de vous déplaire, messieurs, les femmes n’ont pas attendu After ou 50 Nuances de Grey pour avoir des discussions sur le sujet. Rassurez-vous donc, et laissez votre épouse s’évader un peu de son quotidien avec « son roman à l’eau de rose » comme vous pouvez le faire avec votre polar. Elle ne vous quittera pas pour un chirurgien après avoir lu Emma Landas, ne fuira pas dans les îles Lofoten suite à sa lecture d’Angel Arekin ou ne vous trompera pas avec un surfeur en lisant Nelly Weaver. Ce que veut votre femme, c’est simplement ressentir des émotions au travers celles des personnages, rêver les yeux ouverts le temps de quelques pages. Et si vous creusez un peu, vous pourrez constater que la sensualité et le sentiment amoureux ne sont pas les seuls thèmes abordés dans ces romans. Vous seriez peut-être même surpris de vous laisser embarquer par certaines plumes, comme par leurs références historiques ou poétiques, leurs clins d’œil à l’actualité ou à certains maux de notre société. 

Retenez simplement que l’écriture est un art, quel que soit son genre, le message délivré ou son public. Ne dit-on pas que « des goûts et des couleurs, on ne se discute pas » ? Alors, thriller, philosophie, théâtre, poésie, biographie, science-fiction ou romance, il ne devrait pas exister de hiérarchie ou de jugement de valeur. 

Rire, rêver, s’évader, s’émouvoir, apprendre, avoir peur, vibrer, aimer, découvrir ; le principal n’est-il pas simplement de prendre, dans la lecture, ce dont nous avons besoin ?

 

« La lecture était ma liberté et mon réconfort, ma consolation, mon stimulant favori : lire pour le pur plaisir de lire, pour ce beau calme qui vous entoure quand vous entendez dans votre tête résonner les mots d’un auteur.» – Paul Auster –

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